La stratégie nationale de déconfinement à partir du 11 mai 2020

 
 
La stratégie nationale de déconfinement à partir du 11 mai 2020

Le Premier Ministre a présenté devant l’Assemblée nationale les lignes directrices du plan de déconfinement. La sortie progressive du confinement est envisageable parce que celui-ci s’est avéré efficace pour contenir la progression de l’épidémie, pour éviter la saturation de nos capacités hospitalières, et pour limiter le nombre de décès (62 000 décès évités en un mois selon l’École des hautes études de santé publique). La sortie du confinement est nécessaire pour se prémunir des effets graves qu’un confinement prolongé au-delà du strict nécessaire aurait notamment en matière éducative, sociale et économique. Mais, pour ne pas ruiner les résultats obtenus, la sortie du confinement doit être progressive et prudente tout autant que résolue.

> Mesures nationales de deconfinement - format : PDF sauvegarder le fichiersauvegarder le fichier - 0,11 Mb

> 28_04_2020_Declaration_du_Gouvernement_relative_a_la_strategie - format : PDF sauvegarder le fichiersauvegarder le fichier - 0,11 Mb

> DP déconfinement - format : PDF sauvegarder le fichiersauvegarder le fichier - 3,23 Mb

Retrouvez l'ensemble des visuels et infographies réalisés par le Gouvernement (utilisation libre)

La stratégie de déconfinement repose sur trois axes :

 vivre avec le virus : intégrer la contrainte de devoir vivre et se protéger du virus dans l’attente de traitements efficaces et d’un vaccin

agir progressivement : procéder de manière prudente et progressive afin d’éviter une deuxième vague qui imposerait un « re-confinement »

➢ adapter localement : tenir compte des différences territoriales dans la propagation du virus en permettant aux autorités locales d’adapter la stratégie nationale en fonction des circonstances.

La poursuite de la lutte contre l’épidémie reposera sur trois impératifs :

se protéger du virus c’est-à-dire éviter d’être infecté ou d’infecter les autres alors que les occasions de contacts augmenteront. Le civisme et la responsabilité individuelle dont ont fait preuve les Français seront précieux pour maintenir les mesures barrières apprises pendant le confinement. Dans certaines situations, les mesures barrières devront être complétées par le port du masque (cf. infra)

tester massivement à partir du 11 mai : l’objectif est fixé à 700 000 tests virologiques par semaine, un niveau défini par les modélisations épidémiologiques, et la prise en charge des tests par l’assurance maladie passera à 100 %. La mobilisation des laboratoires publics et privés sera renforcée pour garantir sur tout le territoire un accès de proximité aux prélèvements. Les professionnels de santé libéraux seront mobilisés, appuyés par les équipes de l’assurance maladie, pour identifier les cas-contacts qui seront appelés, et invités à se faire tester puis à s’isoler

isoler au plus vite les porteurs du virus, par mesure de précaution collective, car les épidémiologistes prévoient 1 000 à 3 000 nouveaux cas par jour à partir du 11 mai. L’isolement reposera sur le consentement et la responsabilité individuelle des personnes concernées. Il reviendra aux préfets et aux collectivités territoriales de définir ensemble, avec les acteurs associatifs, les professionnels de santé, les acteurs de la prise en charge à domicile, le plan d’accompagnement des personnes placées à l’isolement. Le choix sera laissé à la personne testée positive de s’isoler chez elle, ce qui entraînera le confinement de tout le foyer pendant 14 jours, ou bien de s’isoler dans un lieu mis à sa disposition, notamment dans des hôtels réquisitionnés en tant que de besoin.

Le rythme de déconfinement sera adapté à la situation sanitaire de chaque département. Les autorités sanitaires ont établi trois ensembles de critères permettant d’identifier les départements où le déconfinement doit prendre une forme plus stricte : si le taux de cas nouveaux dans la population sur une période de 7 jours, reste élevé, ce qui montrerait que la circulation du virus reste active, ou si les capacités hospitalières régionales en réanimation restent tendues, ou encore si le système local de tests et de détection des cas contacts n’est pas suffisamment prêt. Ces indicateurs seront évalués le 7 mai pour déterminer quels départements peuvent être déconfinés à partir du 11 mai ou voir leur confinement prolongé.

La vie quotidienne des Français à partir du 11 mai s’organisera comme suit :

 l’école : une réouverture très progressive des maternelles et de l’école élémentaire à compter du 11 mai, partout sur le territoire, et sur la base du volontariat. A compter du 18 mai, mais seulement dans les départements où la circulation du virus est très faible, la réouverture des collèges pourra être envisagée, en commençant par la 6ème et la 5ème. Fin mai, la possibilité de rouvrir les lycées, en commençant par les lycées professionnels, sera examinée.

Les enfants devront pouvoir suivre une scolarité : soit au sein de leur établissement scolaire, dans la limite maximale de 15 élèves par classe, soit chez eux, avec un enseignement à distance qui restera gratuit bien évidemment, soit en étude (si les locaux scolaires le permettent) ou dans des locaux périscolaires mis à disposition par les collectivités territoriales, pour des activités de sport, santé, culture ou civisme

➢ Les crèches : L’accueil par groupes de 10 enfants maximum sera possible, avec la possibilité d’accueillir plusieurs groupes de 10 enfants si l’espace le permet et si les conditions sont réunies pour que les groupes ne se croisent pas. Des priorités d’accueil, dans un premier temps, seront à définir par les gestionnaires des structures

➢ Le travail : Le télétravail doit être maintenu partout où c’est possible, au moins dans les 3 prochaines semaines. Les horaires décalés sont également encouragés dans les entreprises. Le dispositif d’activité partielle restera en place jusqu’au 1er juin.

➢ Les transports : pour les transports urbains, une concertation entre les autorités organisatrices, les usagers et les opérateurs de transport doit être menée pour fixer les modalités d’augmentation de l’offre tout en réduisant l’affluence permettant la distanciation physique. Les déplacements interrégionaux ou inter départementaux seront limités aux seuls motifs professionnels ou familiaux impérieux, avec obligation de réservation pour tous les trains. Les bus scolaires circuleront à moitié vides, avec obligation de port du masque pour les collégiens et les chauffeurs.

➢ les commerces : Tous les commerces, sauf les cafés, bars et restaurants, pourront ouvrir à compter du 11 mai à la condition de respecter un cahier des charges strict de mesures barrières. Les marchés seront autorisés, sauf si les maires ou les préfets estiment qu’ils ne peuvent faire respecter les gestes barrières.

➢ La vie sociale :

Les parcs et jardins ne pourront ouvrir que dans les départements où le virus ne circule pas de façon active.

Pour les activités culturelles, les médiathèques, les bibliothèques et petits musées pourront rouvrir leurs portes dès le 11 mai.

Les grands musées, les cinémas, les théâtres et les salles de concert ne pourront pas rouvrir. Les salles des fêtes, les salles polyvalentes resteront également fermées, jusqu’au 1er juin.

Les grandes manifestations sportives, culturelles, notamment les festivals, les grands salons professionnels, tous les évènements qui regroupent plus de 5000 participants et font à ce titre l’objet d’une déclaration en préfecture, ne pourront se tenir avant le mois de septembre.

Les lieux de culte pourront continuer à rester ouverts, mais il leur est demandé de ne pas organiser de cérémonies avant le 2 juin. Les cérémonies funéraires resteront évidemment autorisées, comme aujourd’hui dans la limite de 20 personnes.

D’une façon générale, les rassemblements organisés sur la voie publique ou dans des lieux privés seront donc limités à 10 personnes.

Le port de masques

Le Premier Ministre a donné les précisions suivantes concernant les masques :

➢ Le port du masque sera rendu obligatoire dans tous les transports, métro comme bus

➢ les entreprises, quand leurs moyens le leur permettent, sont invitées à veiller à équiper leurs salariés. Les régions et l’État mettront en place un appui aux TPE et aux travailleurs indépendants, au-delà des initiatives déjà prises par certaines branches ou organisations professionnelles. Une plateforme de e-commerce sera mise en place par la Poste à compter du 30 avril et distribuera à ceux qui en ont besoin chaque semaine plusieurs millions de masques grands public.

➢ L’État soutiendra financièrement les collectivités locales qui achètent des masques grand public en prenant en charge 50% du coût des masques dans la limite d’un prix de référence.

➢ L’État et les collectivités locales assureront la protection de leurs personnels, en particulier ceux qui sont en contact avec le public. Les préfets disposeront d’une enveloppe locale pour soutenir, avec les départements et les régions, les plus petites collectivités.

➢ Les personnels de l’éducation et les élèves des collèges recevront également des masques. Tous les enseignants et encadrants des établissements scolaires recevront des masques qu’ils devront porter quand ils ne pourront pas respecter les règles de distanciation. Le port du masque grand public sera obligatoire pour les professionnels de la petite enfance, puisque les règles de distanciation physique ne peuvent pas y être appliquées. Bien sûr, il n’y aura pas de port du masque pour les enfants de moins de 3 ans.

➢ dans les commerces, le port du masque grand public est recommandé pour les personnels et les clients lorsque les mesures de distanciation physique ne peuvent être garanties. Un commerçant pourra subordonner l’accès de son magasin au port du masque.

➢ Les pharmacies et la grande distribution seront invitées à vendre, dans des conditions que seront définies avec eux pour éviter les phénomènes de pénurie, des masques jetables ou lavables.

➢ Les bus scolaires circuleront à moitié-vide, avec obligation de port du masque pour les collégiens et les chauffeurs

➢ Le port du masque sera également obligatoire dans les taxis et les VTC qui ne disposent pas de protection en plexiglas

➢ Une enveloppe hebdomadaire de 5 millions de masques lavables est prévue pour que les préfets organisent, avec les maires et les présidents de conseils départementaux, la distribution de masques à nos concitoyens les plus précaires, via les CCASCentre communal d'action sociale et les acteurs associatifs

➢ Les particuliers sont invités à se confectionner eux-mêmes des masques, dans les conditions recommandées par l’AFNOR et l’ANSM. Vous trouverez à cet effet un note d’information en pièce jointe.

De manière générale, il faut que l’État, les collectivités locales, les entreprises, l’initiative privée, soient complémentaires et non concurrents en matière d’accès aux masques grand public.