Le Territoire de Belfort

 

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Les chiffres clés du Territoire de Belfort :

  • Superficie: 609 km²
  • Population: 145 987 habitants
  • Densité: 231,7 habitants/km²
  • 2 circonscriptions législatives
  • 15 cantons
  • 102 communes
  • 5 communautés de communes
  • 1 communauté d'agglomération

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Histoire:

C'est en 1226 que Belfort fut mentionnée pour la première fois dans le traité de paix de Grandvillars. Pendant cette période dont peu de traces subsistent, le Territoire de Belfort a été l'objet de la rivalité des ducs de Bourgogne et des seigneurs d'Alsace. A partir de 1350, il devient possession autrichienne. C'est en 1648, avec le traité de Westphalie mettant un terme à la guerre de trente ans,que le Territoire de Belfort intègre le royaume de France. La ville devient alors une pièce essentiel du dispositif défensif de la France sur son flanc est. Au cours des trois siècles suivants,Belfort fut ainsi éprouvée par de nombreux sièges. Dès 1687, des travaux de fortification s'engagent sous l'égide de Vauban, tandis que la ville connut une croissance rapide.

Après la Révolution, Belfort et ses environs sont intégrés au département du Haut-Rhin. A la fin du premier empire, la ville subit deux nouveaux sièges (1813-1814 et 1815). A leur suite, le général Haxo modernisa les fortification entre 1823 et 1841.

Au cours de la guerre de 1870, après l'invasion de l'Alsace, Belfort se retrouve en première ligne des hostilités. Défendue par Denfert-Rochereau, commandant supérieur de la place, elle est assiégée par les troupes prussiennes du 2 novembre 1870 au 13 février 1871. Au terme d'une résistance héroïque, le gouvernement de défense nationale ordonne à Denfert-Rochereau de livrer la place, alors qu'une convention d'armistice venait d'être signée avec la Prusse. Le Lion de Bartholdi célèbre encore aujourd'hui le souvenir de ce fait d'arme.

Grâce à cette résistance et à l'habileté de Thiers, le gouvernement français obtient, dans le traité de Francfort du 10 mai 1871, de conserver Belfort et ses environs au sein de la République, tandis que l'Alsace et la Lorraine sont annexés à l'Empire allemand.

Après 1870, le statut du Territoire de Belfort demeura indécis. Les autorités refusant de reconnaître l'annexion de l'Alsace, le Territoire de Belfort continua d'être considéré comme partie du département du Haut Rhin, un « administrateur faisant fonction de Préfet » étant nommé à sa tête.

Cette période fut néanmoins marquée par l'essor industriel du Territoire et la croissance rapide de Belfort. De nombreux entrepreneurs alsaciens se replient alors sur la ville. Ainsi, en 1872, la société alsacienne de construction mécanique,déplace une partie de ses activités sur Belfort, jetant les bases de l'actuelle société Alstom.

Après 1918, en dépit de la réintégration de l'Alsace et de la Lorraine,le Territoire de Belfort ne fut pas rattaché au département du Haut-Rhin et devint le 11 mai 1922 le 90ème département français.

Aujourd’hui,le Territoire de Belfort a conservé de nombreuses traces de son passé militaire, à commencer par la citadelle et les remparts qui enserrent la vieille ville. Par ailleurs, Belfort accueille toujours le 35e Régiment d’Infanterie ainsi que le 1er Régiment d’Artillerie.

Géographie:

D'une superficie de 609 km², le Territoire de Belfort s'étend dans la dépression (appelée « trouée de Belfort ») séparant les massifs des Vosges et du Jura, à la limite entre les bassins hydrographiques du Rhône et du Rhin. Bien qu'il soit le plus petit département de France à l'exception des départements de la région parisienne, le Territoire de Belfort présente une grande diversité de paysages. Il se divise en trois entités géographiques :

Au nord, le pays sous-vosgien, autour de Giromagny et Rougemont-le-Château, dominé par le Ballon d'Alsace, dont la partie sommitale est située dans le département, qui culmine à 1248 m.

Au sud, le plateau de Croix, autour de Beaucourt, Delle, Saint-Dizier l'Évêque, qui constitue l'extrémité nord du massif jurassien.

Au centre, la trouée de Belfort et le sundgau belfortain, qui occupent les deux tiers de la superficie du département, autour des vallées de la Savoureuse et de l'Allaine. Ces plaines sont parsemées d'étangs et de marais qui abritent une faune et une flore nombreuse, dont l'étang du Malsaucy constitue le plus important.

Population:

La population du Territoire de Belfort s'élève aujourd'hui à 144 659 habitants (INSEE 2009), pour une densité de population de 231,7 habitants au km², soit une densité bien supérieure à la moyenne nationale (113 habitants/km²). Après une augmentation spectaculaire de la population jusqu'en 1975, la croissance démographique a ensuite fléchi pour reprendre à partir de 1990. Entre 1999 et 2006, la population du département a cru en moyenne de 0,39% par an,soit moins que la moyenne nationale (0,70%). Aujourd'hui,cette croissance s'effectue essentiellement dans les communes périurbaines, au détriment des centres urbains.

Les moins de 25 ans représentent 25,5% de la population du département,soit légèrement plus que la moyenne nationale (24,9%). Les 60 ans et plus représentent 19,3% de la population. Leur proportion est appelée à augmenter dans les prochaines décennies du fait du vieillissement de la population.

Économie:

Une tradition industrielle forte, malgré les restructurations des années 1980 et 1990

Le Territoire de Belfort se caractérise par une présence industrielle importante et ancienne, notamment dans les domaines de la mécanique et de l'électromécanique. Dans les années 1970 et 1980, l'industrie belfortaine s'est appuyée sur de grandes entreprises telles que Bull, Alstom et Peugeot, situé sur les sites voisins de Sochaux et de Mulhouse. Belfort a été le lieu de grandes aventures industrielles comme le TGV. Le premier prototype du TGV (le TGV 001) est ainsi sorti des ateliers belfortains en 1971. 

A partir des années 1980, le secteur industriel belfortain a été touché par des mouvements de reconfiguration et de restructurations qui ont fortement affecté l'activité économique du département. Elles ont été à l'origine de l’élévation du taux de chômage durant les années 1980 et 1990. En 1992, BULL PÉRIPHÉRIQUES ferma son unité de production belfortaine, 1 400 emplois étant concerné par le plan social. Par la suite, ALSTOM a fait l'objet successivement d'une recomposition d'actionnaires et de plans sociaux sectoriels. Entre 2002 et 2004, ses difficultés ont nécessité l'intervention du gouvernement.

Un secteur industriel centré autour de l'énergie, de l'automobile et du ferroviaire 

Aujourd'hui, si l'industrie ne représente plus que 22,7% des emplois (contre 26,6% à l'échelle de la région), le secteur industriel demeure stratégique pour le Territoire de Belfort. Il jouit de l'implantation d'entreprises d'envergure internationale tels que Alstom Power (1300salariés),Alstom Transport (680 salariés) et GE Energy Products Europe (GEEPE,1900 salariés). Grâce à la présence d'Alstom Power et de GEEPE, un véritable pôle de l'énergie est en cours de constitution dans le département, alors que ce secteur bénéficie de perspectives prometteuses du fait du développement de la demande d'énergie au niveau mondial.

Par ailleurs, grâce à la proximité du site PSA de Sochaux,de nombreux sous-traitants et équipementiers automobiles sont implantés dans le Territoire de Belfort, tels que Vistéon, Lisi automotive, Altia ou encore Eurocast à Delle.

Enfin, le secteur ferroviaire est toujours représenté par Alstom Transports. Le site belfortain est notamment en charge de la fabrication de locomotives destinées au marché mondial du transport de fret.

L'importance croissante du secteur tertiaire 

Malgré l'image industrielle du Territoire de Belfort, le secteur tertiaire a connu une importante progression au cours des vingt dernières années, jusqu'à constituer aujourd'hui le premier employeur du département (73% de l’emploi salarié en 2007). Cette dynamique se traduit par la diversification du tissu de PME/PMI du département, moins dépendant que par le passé des grands donneurs d'ordre industriels. 

Un secteur agricole plus concentré 

Dans le Territoire de Belfort,l'agriculture comprend moins de 1% des actifs du département. Le secteur agricole a connu un fort mouvement de concentration, le nombre d'exploitation ayant diminué de plus de 50% depuis 20 ans, tandis que le mouvement d'urbanisation tend à réduire la surface disponible pour les cultures. Le secteur agricole joue néanmoins un rôle essentiel pour le maintien et l’entretien des paysages naturels du département. 

Par ailleurs, la forêt occupe 46% de la surface du département et sa valorisation constitue un enjeu écologique et économique important pour le département.

Culture, tourisme et sport:

Des évènements culturels d’envergure

Le Territoire de Belfort présente une scène culturelle variée et dynamique. Belfort dispose ainsi d’une scène nationale (le théâtre du GRANIT), de différentes salles de spectacle, d’une école de musique, d’une école d’art ainsi que du Centre Chorégraphique du Nord-Franche-Comté, qui sont le lieu d’une activité créatrice reconnue au niveau national.

Dans le domaine pictural, l’offre culturelle du département comprend un musée des beaux-arts, auquel s’ajoute depuis quelques années un musée d’art contemporain (la Fondation Jardot), qui présente des œuvres de Picasso, Braque ou encore Masson et Léger, issues de la collection privée de Maurice Jardot, natif de Belfort.

Le Territoire de Belfort accueille par ailleurs chaque printemps des manifestations culturelles d’envergure internationale, à l’instar du FIMU (Festival International de Musique Universitaire), qui rassemble chaque année plus de100 formations et près de 2500 musiciens, ou encore le Festival des Eurockéennes de Belfort qui rassemble pendant trois jours près de 100 000 festivaliers venus écouter les meilleurs représentants des musiques rock et électroniques d’aujourd’hui.

Tourisme : des atouts à valoriser

Le Territoire de Belfort recèle de nombreux atouts touristiques, notamment dans sa partie nord. Entre le Ballon d’Alsace, le lac du Malsaucy et le sungau belfortain, le département dispose d’une variété de paysage qui se prête au développement du tourisme vert. Le réaménagement de la station d’accueil du Ballon d’Alsace est la pièce maîtresse de cette ambition.

Enseignement et recherche:

Une offre universitaire riche

Belfort constitue l’un des pôles universitaires les plus importants de Franche-Comté. La ville dispose ainsi d’une faculté de droit (la faculté Léon Delarbre) et d’une faculté de sciences (faculté Louis Neel)faisant partie de l’Unité de Formation et de Recherche « sciences,techniques et gestion de l’industrie de l’Université de Franche-Comté.Un Institut Universitaire technologique (IUT) complète cette offre de formation dans le domaine du génie thermique, de l’information, du commerce et des filières sociales.

Par ailleurs, la Chambre de Commerce et d'Industrie a ouvert dans les années 1980 une formation de cadres commerciaux en créant l'École Supérieure de Technologie et des Affaires (ESTA).

Plus récemment, l’Université de Technologie de Belfort-Montbéliard (UTBM) a été créée en 1999 par la réunion de l'ancienne école d'ingénieurs (créée dans les années 1960) de Belfort et l'Institut Polytechnique, installé à Sévenans en 1985.  L’UTBM compte aujourd’hui plus de 2 000 étudiants.

Un secteur de la recherche en développement

La recherche constitue également un élément fondamental pour l'avenir du département. Ce secteur se développe sous l'impulsion des pouvoirs publics locaux qui ont œuvré pour la création, aux côtés de l'UTBM, d'un pôle de recherches de haut niveau. C'est ainsi qu'à la suite des décisions du CIADT du 18 mai 2000, un pôle de recherche sur les transports terrestres a été créé et rattaché à l'UTBM, afin de travailler notamment sur le développement de la pile à combustible. Enfin, depuis 1993, une unité du CNET regroupant près de deux cents chercheurs et techniciens est implantée dans le département.

Le Territoire de Belfort de demain :

Un futur qui s'inscrit dans le cadre de l'Aire Urbaine Belfort-Montbéliard-Héricourt

Aujourd'hui,Belfort s'inscrit dans le cadre de l'aire urbaine Nord-Franche-Comté,conurbation se structurant autour des pôles de Belfort, Héricourt et Montbéliard. Avec un ensemble d'environ 300 000 habitants, l'aire urbaine se situe comme la zone urbaine la plus importante entre Strasbourg et Lyon. Cette identité commune s'est traduite par la création en 1985 de l'association « Aire urbaine 2000 ». Celle-ci a été remplacée par le Syndicat Mixte de l'Aire Urbaine (SMAU). L'aire urbaine porte aujourd'hui des projets structurants tels que la réalisation d'un réseau internet haut-débit pour tous.

Un effort particulier en direction des entreprises

A la suite des restructurations qui ont touché les grands groupes industriels implantés dans le Territoire de Belfort, l'État et les collectivités locales se sont fortement impliqués pour maintenir et renforcer l’attractivité du département en valorisant les terrains industriels libérés.

En partenariat avec l'État, celles-ci ont notamment initié en 2005 le projet TECHN'HOM visant à créer, sur une surface de près de 100 hectares au cœur de Belfort, un parc d'activité disposant d'une large gamme de services aux entreprises (restaurants d'entreprises, garderies, wifi...), aux côtés des sites de GE et ALSTOM. Ce site accueille pour l'heure une centaine d'entreprises, 7 000 salariés ainsi qu'un millier d'étudiants et d'enseignants chercheurs au sein de l’UTBM.

Une position stratégique renforcée par les nouveaux projets d’infrastructure

Hormis l’autoroute A36 reliant Lyon et Dijon à l’Alsace, le Territoire de Belfort se trouvait jusqu’à présent à l’écart des grands axes de circulation européens et ne disposait pas des infrastructures correspondant à ses ambitions en matière de développement.

Les grands projets d’infrastructure actuellement en cours de réalisation répondent à cette exigence. Tout d’abord, la mise en service de la branche est de la nouvelle ligne à grande vitesse (LGV) Rhin-Rhône prévue en 2011 constitue une nouvelle opportunité pour le Territoire de Belfort. La nouvelle liaison TGV permettra de rallier Belfort depuis Paris en 2h30 (contre au moins quatre heures aujourd’hui) et renforcera la position du Territoire de Belfort sur l’axe stratégique reliant la vallée du Rhône à l’Europe rhénane.

Afin de desservir l’Aire Urbaine, une nouvelle gare TGV est en cours de construction au sud de l’agglomération de Belfort, sur les communes de Meroux et Moval. Une nouvelle zone d’activité ainsi que le futur hôpital médian viendront se greffer autour de la nouvelle infrastructure.

Par ailleurs, la gare TGV de Meroux sera desservie par les TER qui seront mis en service fin 2012/début 2013 dans le cadre de la réouverture de la ligne ferroviaire Belfort-Delle. Cette liaison permettra la reprise du trafic voyageur entre Belfort et la Suisse. Tout en connectant le canton du Jura au réseau de lignes à grande vitesse, elle confortera Belfort dans sa position de carrefour entre la Suisse, le nord de l’Europe et l’axe rhodanien.

Enfin, des optimisations du réseau routier desservant Belfort sont en cours de réalisation. Dans le cadre de la réalisation et de la mise à niveau de l’axe reliant Paris à la Suisse via Belfort (RN19), des aménagements sont en cours du côté suisse comme du côté français pour achever la mise à 2x2 voies de l’ensemble de l’axe et pour le relier au réseau autoroutier suisse. Par ailleurs, la mise à 3x2 voies de l’A36, qui constitue l’épine dorsale de l’Aire Urbaine entre Belfort et Montbéliard, permettra d’améliorer sa fluidité et de faire face à la hausse prévisible du trafic consécutive à l’ouverture de la gare TGV de Meroux et de sa zone d’activité.

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